1999 – 2007 huit années pleines de bouleversements…

Plus ça change, plus c'est la même chose.

 

 

Entre 1999 à 2007 le marché des télécommunications a connu plusieurs « révolutions » : libéralisation et ouverture à la concurrence, généralisation de l’Internet bas débit, puis haut débit, « bulle Internet » et explosion, décollage et très forte croissance de la téléphonie mobile, puis du SMS, lancement de la donnée sur mobile puis de l’UMTS, etc. Au cours de ces huit années remarquables, le groupe japonais NT&T a perdu son leadership mondial pour passer derrière AT&T.

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Par Nadia El Kadaoui, Yasmine Soufiani et Alexis Christoforou, Analystes

 

 

Les données utilisées pour écrire cet article sont extraites de la base de données de Quantifica.
Consultez les données de la base sur www.quantifica.fr.

 

 

En 1999, l’Internet est très peu diffusé, son marché amorce à peine sa phase de démarrage, le mobile reste confiné principalement à la clientèle  professionnelle. Huit ans plus tard, le monde compte plus de 1,46 milliard d’internautes et plus de 3 milliards de clients mobiles. A l’opposé, le téléphone fixe a stagné, le télex disparu, le fax est marginalisé, les réseaux par paquets X25 sont obsolètes, etc. Ces bouleversements radicaux ont impacté la hiérarchie des dix premiers groupes mondiaux. En 1999, le japonais NT&T s’imposait comme 1er groupe mondial de télécommunications... Huit ans plus tard, AT&T a pris la place de leader. Derrière, le classement est quelque peu modifié attestant du bouleversement des marchés des télécommunications dans le monde. En particulier il témoigne d’une dynamique très différente entre groupes nord américains et européens.

 

Tableau 1 : Classement des dix premiers groupes de télécommunications dans le monde de 1999 à 2007


Classement des dix premiers groupes de télécommunications dans le monde de 1999 à 2007

Sur la période, NT&T a fait passer son chiffre d’affaires de 83 à 98  milliards de dollars, soit 2% de croissance sur 8 ans, pour céder la première place à AT&T. En effet, en 1999, les deuxième et troisième places de la hiérarchie mondiale étaient occupées par les Américains SBC et AT&T. En 2007, SBC a racheté AT&T puis a repris le nom AT&T comme marque unique. Cette fusion accompagnée d’une croissance de 10% a poussé le groupe AT&T à la première place mondiale. En Europe, la croissance de 15% a offert la 5ème place en 2007 à Téléfonica avec 77 milliards de dollars de chiffre d’affaires. 
Le grand perdant de ces mutations est sans doute Telecom Italia qui perd quatre places et se retrouve aujourd’hui relégué à la 9ème place.

 


Les Américains croissent sur leur territoire national…

 

Recentrés sur leur marché national particulièrement concurrentiel, les opérateurs américains ont enregistré une croissance de leur chiffre d’affaires en raison de nombreuses opérations de concentration.

Si actuellement AT&T, Verizon et Sprint Nextel détiennent plus de 70% de part de marché national, leur chiffre d’affaires cumulé est estimé à plus de 252 milliards, un chiffre très en hausse par rapport à 1999…


Tandis que l’expansion américaine reste nationale, l’expansion des groupes européens est internationale. Ils ont même investi les Etats-Unis (Vodafone, T-Mobile) et se sont amplement déployés en Amérique du Sud (Telefonica, Telecom Italia), zone d’influence traditionnelle des opérateurs nord-américains, et en Asie.


 

Tableau 2 : Chiffre d’affaires des principaux opérateurs nord-américains en 1999 et 2007

 

 
Chiffre d’affaires des principaux opérateurs nord-américains en 1999 et 2007

…face à des opérateurs européens en pleine expansion internationale


A l’exception de British Telecom, les opérateurs européens se sont remarquablement développés, notamment en dehors de leurs frontières dont atteste un surcroît de revenus de plus de 197 milliards de dollars entre 1999 et 2007.


 

Tableau 3 : Chiffre d’affaires des principaux opérateurs européens en 1999 et 2007

 Chiffre d’affaires des principaux opérateurs nord-américains en 1999 et 2007

Deutsche Telekom demeure le leader européen, mais Telecom Italia (contrôlé à 10% par Telefonica) cède sa deuxième place à Telefonica. France Telecom demeure troisième. Vodafone, passe en quatrième position, affichant la croissance la plus forte avec 18% tandis que KPN conserve sa 6ème place.

 

Durant ces huit dernières années, les Européens ont vu leur chiffre d’affaires total croître de 197 milliards de dollars, pour une croissance annuelle moyenne de 11,1%.

 

Dans le classement général, le mobile est un moteur de la  croissance  

 

Le mobile a été un vecteur fondamental de la croissance des groupes et des évolutions de la hiérarchie mondiale. Ce « bon en avant » de China Mobile dans la hiérarchie mondiale suffit à en attester. Comme l’indique la figure 1, premier opérateur mobile mondial, il distancie désormais Vodafone avec 369 millions de clients contre 191, soit 92% de plus que Vodafone et a encore réalisé en 2007 une croissance annuelle de son parc de 23%.

 

En troisième place, Telefonica réalise une croissance 2007 élevée de ses clients mobiles avec 16%, grâce à sa croissance externe et son positionnement sur des marchés dynamiques, notamment en Amérique Latine.


 

Figure 1 : Parc de clients mobile des 10 premiers mondiaux de télécommunications (2007)

Parc de clients mobile des 10 premiers mondiaux de télécommunications (2007

Figure 2 : Pourcentage des revenus générés par le mobile par rapport au chiffre d’affaires global

Pourcentage des revenus générés par le mobile par rapport au chiffre d’affaires global

Pour les cinq premiers opérateurs le mobile génère plus de 50% des revenus, voire même plus de 75% pour trois d’entre eux. En effet, China Mobile réalise 100% de son chiffre d’affaires grâce à la téléphonie mobile.

Les deux premiers AT&T et NT&T restent bien ancrés dans le fixe, car le mobile ne représente que 44% et 32% de leurs chiffres d’affaires total.